De la prison aux planches de théâtre grâce à des metteurs en scène prestigieux (Olivier Py et Joël Pommerat), tel est le fabuleux destin de Redwane Rajel, au cœur du spectacle À l’ombre du réverbère qu’il interprète. Dans une scénographie dépouillée comme une cellule, l’homme à la voix et au charisme impressionnants se raconte à travers ses mots et ceux des auteurs Bertrand Kaczmarek, ancien directeur de prison et docteur en philosophie, et Enzo Verdet, qui le met également en scène. Ou comment l’art peut sauver un homme au parcours cabossé (même si le texte ne dit presque rien de ce qui a conduit Redwane Rajel derrière les barreaux) que la prison aurait pu achever – une grande partie du récit est une dénonciation en règle de l’enfer carcéral.
Si le spectacle est parsemé de quelques facilités (de scénographie, de texte, de jeu…), façon d’appuyer le côté sérieux voire dramatique du propos, la vie de Redwane Rajel et ce qu’il en transmet justifient pleinement une telle aventure alors que les théâtres inondent le public de propositions de seuls-en-scène parfois interchangeables. Et donnent envie de (re)voir les excellents Amours (2)et Marius de Joël Pommerat dans lesquels brille littéralement Redwane Rajel. La saison prochaine à la MC2 ? / AM
Photo © Gaby Claire