En ce mois d’octobre, l’excellente association Blue Veins Production nous convie deux fois au Ptit Labo pour découvrir en live la coldwave pas si froide d’Île de Garde (photo) et le rock parfaitement inclassable de Zapp Galura.
Le Ptit Labo, la Bifurk, les Rutilantes, le Saint-Bruno, la Cata ou même la librairie Peanut Butter Books… Depuis plus de deux ans, l’association Blue Veins Production dépoussière à grand souffle le milieu – quelque peu apathique – de la programmation rock à Grenoble en investissant de petits lieux, à petite jauge (économiquement moins risquée que de louer une salle traditionnelle), dans une démarche qui rappelle les belles heures de feu nos squats préférés. Hormis quelque grand classique de la scène DIY comme Balladur, l’équipe (bénévole) de Blue Veins sonde les abysses – l’iceberg du dessous – pour dénicher les trésors qui affleurent d’une scène contemporaine bien vivante, rivalisant tout à fait avec les programmateurs « officiels » soumis, eux, à des objectifs impérieux de rentabilité.
Île de Garde, phare dans la nuit
C’est ainsi grâce à Blue Veins que nous pourrons bientôt découvrir en live l’une des dernières recrues du label Born Bad Records, maison de qualité qui célèbre ses 20 ans cette année. J’ai nommé Île de Garde, trio de meufs (on précise car le catalogue de Born Bad est réputé très masculin) dont l’EP Rage Blossom débarque en majesté dans la longue histoire de la coldwave française. D’amples claviers, un spoken word précis et une batterie rouée de coups de théâtre suffiront à convaincre les amateurs du genre, mais pas seulement. Car Île de Garde aborde le continent cold avec une ferveur pirate, défrisant celles et ceux qui pourraient être las de la surabondance de formations coldwave au sein des programmations underground ces dix dernières années. « J’ai l’impression que les musiques « froides » viennent d’un truc plus cérébral, alors que le punk naît d’un truc plus physique », disait récemment la chanteuse Klara Coudrais dans les colonnes de Gonzaï. Eh bien justement : il y a une incontestable énergie punk, une chaleur spontanée – peut-être issue d’une colère profonde – dans la musique de cette Île, balayée de vents violents et salutaires. À prendre en plein visage le 9 octobre prochain.
Zapp Galura, la bonne blague
Mais ce mois d’automne sera décidément prolifique pour Blue Veins Production qui nous offre un second concert le soir d’Halloween en conviant Zapp Galura, quatuor autrichien dont on sait peu de choses, si ce n’est que leur musique, oscillant entre punk et math rock, déjoue toutes nos attentes au fil d’un album (Happy) tour à tour sautillant, exubérant, hardcore, finement mélodique ou bruitiste à l’extrême. Comme un grand éclat de rire face au désastre ! On conseille d’ailleurs de visionner leur clip Behemoth racontant l’histoire d’amour (possible !) entre un robot aspirateur et un robot tondeuse – bien meilleur que Toy story 5 !
Photo ©Marie Monteiro