Il y a bien sûr les documentaires sur la montagne et la nature, le cœur du Festival international d’Autrans, avec cette année encore une abondance de films en compétition : Un printemps au Mont-Blanc (titre parlant), Lupi Nostri sur l’inépuisable thème du loup ou Run again qui raconte comment l’un des chanteurs d’Archive, Dave Pen, s’est reconverti en ultra-trailer déter’ (on en apprend tous les jours).
Mais au contraire des Rencontres Ciné Montagne par exemple, le festival d’Autrans embrasse un spectre beaucoup plus large que celui du docu pour grelous. On y trouve aussi des courts-métrages d’animation et toute une série de fictions (souvent en avant-première) qui, si elles ont toujours la montagne pour toile de fond, diluent judicieusement le propos. Parmi elles, on recommande de se frotter (mais pas trop près) à L’Incroyable femme des neiges, nouveau long-métrage du facétieux Sébastien Betbeder, un peu mollasson dans sa mise en scène mais relevé par la présence un brin fantomatique de Blanche Gardin dans un rôle écrit sur mesure.
Réussite plus franche pour Laurent dans le vent qui raconte la lente et difficile reconstruction d’un absolu paumé, exilé dans une petite station de sport d’hiver. Rencontre après rencontre (hallucinantes de justesse pour la plupart), Laurent se déprend de son existence citadine, non pour des raisons secondaires pseudo-bourgeoises, mais bien parce qu’il trouve ici – pour la première fois de sa vie semble-t-il – des gens à son image. Encore un film qui pose son regard sur la campagne ? Oui, mais au contraire de beaucoup d’autres (c’est un cinéma à la mode en ce moment), Laurent dans le vent montre une ruralité composite – et bien plus surprenante. / HV
Photo ©Mabel films