« L’île Helen, en tobi Hotsarihie et en anglais Helen Island, est la seule île du Helen Reef, un atoll de l’État de Hatohobei aux Palaos », certifie Wikipédia. Désolé pour ce début d’article paresseusement houellebecquien, mais il fallait bien donner quelques éléments de contexte. Car Helen Island, programmé au Ciel le 22 avril prochain, n’est pas une chanteuse, pas un groupe, plutôt une île – perdue au milieu de l’immensité océanique – sur laquelle l’artiste Léopold Collin se plaît à expérimenter la pleine liberté qu’offre la création. Qu’est-ce que la bedroom pop (puisqu’il s’agit de cela) si ce n’est le plaisir solitaire de produire des étrangetés sans le poids des regards extérieurs. Et qu’est-ce qu’une chambre (ou un home studio) sinon une île déserte ? Sur Helen Island, la végétation s’avère luxuriante. On y croise pas mal de samples déchirés, de textures soyeuses, de violons dégringolants, des accords mineurs de piano en larmes, des guitares tout aussi mélancoliques… Et cette voix susurrante, androgyne, nourrie d’effets, qui nous raconte deux ou trois choses sur le capitalisme prospère et l’artificialisation de l’époque. À force de décontenancer son auditeur, la musique d’Helen Island révèle toute sa beauté intrinsèque. Une expérience véritablement singulière.
Ce soir-là, outre le bidouilleur d’ambient Vergnies qui assurera la toute première partie, le Ciel convie également Laurène Exposito, alias Eye (notre photo), signée sur le même label qu’Helen Island : Knekelhuis. Une synth pop plus traditionnelle, quoique d’une liberté tout aussi remarquable, l’artiste variant les langages au fil des chansons (italien, espagnol, anglais, français ou… muet) et explorant volontiers différentes émotions sonores. Une île voisine, en quelque sorte. / HV
Photo © Guillaume Ageron