En tournée dans toute la France, Ino Casablanca nous fait l’honneur de venir à Grenoble le 10 mars prochain. Entre échos caribéens, maghrébins, égyptiens, latins, en passant par l’électro et le zouk, l’artiste désormais incontournable crée son puzzle musical.
/ Par Alex Beaume
Ino Casablanca, c’est le genre d’artiste qui a compris assez tôt que s’enfermer dans un style musical n’est plus d’actualité. Franco-marocain, il grandit en région catalane espagnole, passe ses étés à Casablanca, forge son adolescence dans le sud de la France puis à Paris et obtient une formation comme violoniste au conservatoire. Tant de raisons pour que cet auteur, interprète et compositeur explose à une vitesse stratosphérique sur la scène française. Tant de diversité qui explique son style unique dans lequel chaque personne peut s’identifier et remuer des hanches.
Après un rapide EP en 2022, DEMNA, il signe pour une année productive en 2025 avec TAMARA puis EXTASIA qui lui font rencontrer le succès. Musicalement, Ino Casablanca avance en équilibre instable. Les prods respirent, l’artiste attache une importance particulière aux percussions et au silence. C’est intelligent sans être prétentieux, sensible sans être mou, drôle sans lever le doigt pour prévenir.
La musique comme échappatoire
À seulement 25 ans, il écume les interviews pour souligner que, pour lui, la musique n’est pas une ambition, c’est une échappatoire, une façon élégante de ne pas finir à parler tout seul dans un bus vide. Ses morceaux ressemblent à des pensées qu’on aurait oublié de censurer. Ça parle d’amour qui boite, d’ego trip (très assumé), de solitude qui s’incruste, un peu de politique, de liberté qui gratte sous la peau. Ça vise juste, ça tape là où il faut. Les textes sont bruts, parfois drôles, parfois crus, sans hausser le ton. Il y a du rap, de la chanson, des nappes électroniques, mais surtout une voix qui raconte sans chercher à plaire.
Et le succès ne se dément pas : en seulement un an, Ino Casablanca a été nommé aux Victoires de la musique comme révélation de l’année, rempli deux Cigales, fait danser des millions d’auditeurs et se retrouve avec toutes les têtes d’affiche des festivals pour cet été. On pourrait nous accuser d’un éloge trop pompeux, mais – croix de bois, croix de fer – Ino Casablanca se place en pole position dans la liste des artistes indispensables de 2026.
Photo © Toxine