Pierre-Emmanuel Barré revient avec un nouveau spectacle titré « Come-back ». Ou comment déstabiliser jusqu’à ses aficionados les plus chevronnés tout en restant sur l’humour délicieusement vulgaire qui fait sa signature depuis bientôt vingt ans.
/ Par Aurélien Martinez
« C’est toujours très bien mais je ne m’attendais pas à ça… » Voici, entendu à la sortie d’une représentation du dernier spectacle de Pierre-Emmanuel Barré, le ressenti d’une visiblement fidèle admiratrice quelque peu déconcertée. Il faut dire que l’adepte du politiquement incorrect, du pipi-caca, ou encore du cynisme, aime à chambouler la forme du stand-up. Alors que son précédent spectacle Pfff… s’apparentait à une fausse conférence, pour Come-back, son tout frais dévoilé l’an passé, il a poussé plus loin le curseur en usant de la dystopie ; direction 2031, année où, devenu définitivement has been, il tente un retour. Rien ne se passera bien sûr comme prévu…
Ce postulat de base ample permet à l’humoriste de partir dans tous les sens, jouant entre le stand-up classique avec plantage malaisant lorsque son lui du futur revient sur scène dans un obscur comedy club, la savoureuse vidéo façon reportage télé sur sa chute (avec pas mal de guests), l’incroyable dialogue numérique avec quelques fans peu recommandables… Si la partie du public qui espérait un seul-en-scène uniquement composé d’insultes et de blagues noires a dû être déçue (bien que le running gag sur l’odeur des pieds soit efficace), et si tous les passages ne se valent pas, la nouvelle proposition de PEB est pleine d’audace dans un monde de l’humour souvent ronronnant autour des mêmes formats, des mêmes thèmes, et ce, même du côté engagé du rire. Reste à savoir après ça ce que le trublion fera vraiment en 2031, et s’il sera toujours aussi surprenant. Rendez-vous dans cinq ans.
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