Faune, nouveau spectacle créé par Fanny Soriano de la compagnie Libertivore, est une chorégraphie puissante, comme un souffle félin, une suspension des corps et des respirations qui délie notre regard et lui apporte sans équivoque une nouvelle façon de percevoir la nature. Qui de la bête ou de l’homme est le plus animal ? Qu’est-ce que l’homme a de la bête et qu’est-ce que la bête a de l’homme ?
Comme une exploration entre nature et humanité, Fanny Soriano aime étudier les rapports humains et ceux que l’homme tisse avec son environnement. Des bois de cerfs, au milieu d’une scène ronde, deviennent tantôt un agrès, une parure et un élément sur lequel se fixe irrémédiablement notre regard. La puissance naturelle de l’animal, sa majesté et sa force semblent imprégner la teneur chorégraphique de chaque mouvement qui, mêlant danse contact et cirque, projette sur nous une onde de puissance, dans un univers immense, ouvert, dense et plein de mystère.
Les trois circassiennes chantent en polyphonies, « entends mon cri », « chante-la ta révolte ». C’est la voix de la nature qui s’élève tandis que leurs corps s’entremêlent, se lient et se délient. Une force insondable émane de leurs gestes, leur démarche est assurée et olympienne, leurs muscles tendus comme ceux des bêtes. Un spectacle hypnotisant qui nous rappelle à nos origines. L’humain est animal. / DR
Photo © Philippe Laurençon