Le gros cœur écarlate ornant la pochette d’Ex-Aequo, troisième album de Marie-Flore, donne un subtil petit indice sur son contenu. Des chansons d’amour – et de rupture surtout – qui dépeignent toutes les nuances du sentiment d’abandon, entre regret, malaise et soulagement. Un album où dominent les violons, au sens figuré comme au sens propre. Quarante musiciens accompagnent ces compositions, suivant une partition orchestrale écrite par Marie-Flore elle-même (l’artiste exauce ainsi l’un de ses plus vieux rêves). Une douzaine de ballades sympathiques s’inscrivant dans la lignée d’une chanson française, finalement, assez traditionnelle.
Voilà pourquoi on a préféré l’écoute du premier EP de l’émergente Savanah, Céleste, qui partagera le plateau ce soir-là. Arpentant des chemins moins éculés, elle y témoigne sans retenue de son goût pour les atmosphères éthérées et les réverbérations infinies, ne dissimulant pas d’iconiques inspirations : Lana del Rey ou David Lynch. C’est rétro, nostalgique, et crépusculaire à l’image de son clip couleur de dunes Je ne rêve plus. Une duveteuse découverte.
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